colinsdeham.ch: La Société Nouvelle et L'Humanité Nouvelle: 3. Méthodologie de recherche.
La Société Nouvelle et L'Humanité Nouvelle



3. Méthodologie de recherche

3.1 Recherches préparatoires

Notre approche initiale consista à rassembler le plus d’informations possibles sur la Société Nouvelle et l’HN, en vue d’une part de voir si ce sujet nous attirait suffisamment pour que nous nous y intéressions pendant un an ; et d’autre part de réaliser un état des lieux de ce qui avait été écrit sur la SN, afin de discerner dans quelle mesure notre sujet était toujours vierge ou déjà en partie défriché et dans ce cas, de le recentrer pour l’aborder sous un angle inédit. Nous avons amorcé ces recherches préliminaires en compulsant quelques numéros de la revue, pour récolter des éléments de base sur son évolution, tels que les noms des principaux responsables et collaborateurs, les tendances politiques et artistiques revendiquées,

mais aussi tout simplement afin de nous imprégner du sujet et du contenu des articles.

C’est ainsi que, finalement, nous avons pu en tracer une ébauche de " portrait-robot " : une revue francophone belge puis belgo-française, à cheval sur le XIXe et le XXe siècles (1884-1914), qui s’intéressait à la fois à la politique, à la philosophie, à la sociologie, à la littérature et aux mouvements artistiques.

Si sa naissance est placée sous les auspices du colinsisme (idéologie socialiste rationnelle), elle n’en sera pas moins par la suite marquée par l’anarchisme et ouvrira ses pages à tous les socialistes en général, ainsi qu’aux avant-gardes artistiques jugées les plus progressistes (symbolisme, naturalisme).

La multiplicité des tendances artistiques et idéologiques représentées dans La SN et L’Humanité Nouvelle — tantôt qualifiées (l’une, l’autre, ou les deux) d’intellectuelles, d’avant-gardistes, de symbolistes, d’anarchistes, de colinsistes, de bastions de l’art social (notons que Dumont-Wilden, de L’Humanité Nouvelle, et Piérard, de la seconde Société Nouvelle, seront plusieurs fois les orateurs invités des conférences de la Section d’Art de la Maison du Peuple)… nous a incité à multiplier en réponse nos axes de recherche. Les voici :

L’art et la littérature belges Les courants politiques

et français (1880-1914) (1880-1914)

artistiques ;

belges et françaises ;

d’Art de la Maison du

Peuple et POB).

général ;

Nous nous sommes en outre particulièrement intéressé aux thèmes issus de la conjonction de deux ou plusieurs des sujets énoncés ci-dessus (ex. : art et socialisme, symbolisme et anarchie). Mais en cours de recherches nous en avons délaissé certains autres. Par exemple, les liens pouvant exister entre le POB et la Société Nouvelle, sur lesquels nous n’avons rien trouvé.

Par ailleurs, nous nous sommes assez vite aperçu que non seulement sa genèse, mais aussi son développement ultérieur, étaient pour partie liés à l’histoire de l’Université de Bruxelles, tout comme l’aventure de La Jeune Belgique l’était à celle de l’UCL. D’abord, parce que ses deux co-fondateurs (Fernand Brouez et Arthur James) y avaient suivi leurs études juste avant la création de la SN ; ensuite pour la raison que certains de ses collaborateurs y ont occupé des charges de professeurs (F. Brouez, E. Picard, Eugène de Roberty, Élie et Élisée Reclus,…), voire de doyens (Dwelshauvers, de la Faculté de Philosophie et Lettres) ou de recteurs (Hector Denis, Guillaume De Greef, ce dernier ayant

présidé à la destinée de l’Université Nouvelle, issue de la scission de 1894 entre l’université " traditionnelle " et le futur Institut des Hautes Études). En outre, un des collaborateurs de la revue, Georges Dwelshauvers, avait déjà été l’objet d’un conflit universitaire au début des années nonante ; et c’en est un autre, Élisée Reclus, qui est à l’origine de la susdite scission, suite à la suspension de son cours par les autorités académiques qui craignaient — en ces temps de lanceurs de bombes et autres dynamiteurs anarchistes — des remous provoqués par ses opinions libertaires. De plus, c’est Hector Denis, collaborateur de la revue et à l’époque délégué de la Faculté des sciences au Conseil d’administration, qui lui avait proposé une place de professeur à l’ULB ! Tout cela pour expliquer aussi pourquoi un Edmond Picard est revenu à plusieurs reprises sur la création de l’Université Nouvelle dans ses articles.

Pour ce qui est des villes auxquelles la Société Nouvelle peut être directement ou indirectement liée, citons Bruxelles, Mons et Paris, villes où elle fut éditée ; Amsterdam et Genève (lieux de diffusion) ; ainsi que le petit village hennuyer de Wasmes, où naquit son fondateur et Ixelles, où il a habité. Outre la France et la Belgique, il existait peu d’endroits intéressants pour notre recherche, mais nous avons quand même examiné si rien de notable n’était à découvrir sur le territoire suisse, puisque le disciple favori de Colins était un industriel suisse : Adolphe Hugentobler.

Bien sûr, de nouvelles possibilités d’investigation non prévues ont surgi au fil de nos fouilles ; c’est ainsi que par exemple nous avons opéré quelques incursions dans le monde judiciaire bruxellois des années 1880 (cf. Arthur James).

3.2 Ressources documentaires

Une fois ceci fait, nous avons dû nous informer des études et recherches qui avaient été réalisées soit sur la Société Nouvelle, soit sur ceux qui l’ont créée, administrée et fait évoluer. Pour ce faire, nous avons premièrement interrogé les ressources électroniques à notre disposition. Celles-ci nous ont renvoyé différents types d’informations.

D’abord, bien entendu, des références de documents — bibliographies, monographies, articles, mémoires et thèses — que nous devions ensuite localiser. Nous avons à chaque fois privilégié les localisations les plus proches, à savoir celles se rapportant à des bibliothèques bruxelloises (et plus spécialement les bibliothèques de l’ULB et les départements de la Royale). Quand rien n’était accessible sur Bruxelles, soit nous usions du prêt inter-bibliothèques, soit nous nous y rendions (car il s’agissait d’ouvrages qu’on ne peut emprunter — p. ex., ouvrages anciens, collections de périodiques —, ou bien encore parce qu’il y en avait trop), sauf quand il ne se trouvait pas en Belgique d’exemplaire des documents en question. Dans ce cas, nous avons systématiquement essayé d’obtenir qu’on nous envoie une photocopie, ou sommes encore passé par le canal du prêt inter-bibliothèques international quand le nombre de photocopies nécessaire devenait excessif.

Ensuite, nous avons trouvé des mentions de fonds spécialisés pouvant intéresser notre sujet, puis nous les avons contactés (le plus souvent par e-mail, mais aussi par courrier postal quand nous ne connaissions pas l’adresse électronique ou qu’il n’y en avait pas).

Enfin, nous avons découvert des noms de chercheurs — professionnels ou amateurs — ayant travaillé sur des sujets proches du nôtre par l’un ou l’autre aspect ; et par là même susceptibles de se révéler d’utiles personnes-ressources.

Nous détaillerons les ressources utilisées et les personnes contactées au chapitre six, afin de permettre au lecteur de rentrer plus vite dans le vif du sujet : l’étude de la revue elle-même, précédée de quelques historiques pour en esquisser le contexte.