colinsdeham.ch: La Société Nouvelle et L'Humanité Nouvelle: 1. Introduction.
La Société Nouvelle et L'Humanité Nouvelle



1. Introduction

Dans le courant du mois de septembre 2001, nous sommes allé trouver René Fayt, Conservateur de la Réserve Précieuse de l’ULB, afin de voir s’il n’avait pas des idées de sujets de mémoire à nous suggérer. Parmi ceux qu’il nous énuméra, celui pour lequel nous ressentions le plus d’inclination — et que nous avons finalement retenu — portait sur une revue littéraire et politique belge contemporaine de L’Art Moderne et de La Jeune Belgique : La Société Nouvelle (1884-1914). Objectivement, deux arguments plaidaient en faveur de ce choix : premièrement, une collection presque complète de ce mensuel (léguée par l’écrivain Max Elskamp) était conservée à la Réserve Précieuse ; deuxièmement, ayant fait l’objet de nettement moins de recherches académiques que ses deux consœurs, nous disposerions d’une marche de manœuvre d’autant plus souple pour déterminer à quels aspects nous allions nous intéresser, sans trop devoir nous soucier de ne pas recouper des travaux antérieurs.

De manière plus personnelle, ce sont trois autres raisons qui nous ont décidé. D’abord, notre intérêt pour la littérature en général et pour l’histoire littéraire en particulier. Or à ces égards, La Société Nouvelle, internationaliste dès sa création, recèle comme tant d’autres des trésors qui majoritairement restent oubliés, n’ayant le plus souvent été sollicités que lors de l’édition des œuvres complètes de l’un ou l’autre grand écrivain, ou encore à l’occasion de recherches bio-bibliographiques ; qu’il s’agisse d’ailleurs d’œuvres en soi ou de précieux documents critiques.

Ensuite, R. Fayt ayant mentionné au fil de la conversation l’extrême pluralisme idéologique de cette revue, il cita certaines de ses tendances politiques ; et notamment le nom d’un courant socialiste dont nous ignorions jusqu’à l’existence (le colinsisme), ce qui piqua au vif notre curiosité. Mais ce qui nous détermina réellement à entreprendre ce mémoire fut peut-être le fait de trouver dans un premier temps si peu d’informations sur la SN, stimulant du même coup notre envie d’en savoir plus.